La communication entre le chien et l'enfant est d'abord et avant tout corporelle. Dans le jeu, un animal comme le chien, c'est-à-dire très mobile, motive l'enfant à user de son corps en son ensemble.
L'enfant et le chien sera contrôler leur équilibre, doivent retenir leur force, s'organiser dans l'espace et le temps, synchroniser leur rythme respectif. La complicité peut être d'autant plus grande que l'on choisira avec précision la taille de chien qui correspondra le mieux à l'enfant.

On peut aussi affirmer que la relation entre un enfant et un animal contribue au développement de la conscience de notre appartenance à l'ordre naturel. Le chien peut participer à l'initiation aux événements que sont la naissance, la mort, la vie sexuelle, etc.
De manière générale, remarquons que l'enfant débute sa vie de relations dans un monde peuplé d'animaux tant réels qu'imaginaires. A peine prononce-t-il «papa» et «maman» qu'il se risque à faire «ouah ouah», signifiant par là que le chien est une figure saillante de son monde environnant familier (cf. B. Cyrulnik, préface à G. Melson, Les animaux dans la vie des enfants, Payot, 2002, p. 9)
On peut faire l'hypothèse que l'enfant vit intensément une analogie qui existe entre l'animal, notamment le chien, et lui : cette analogie relève au premier chef du mouvement et des attitudes. Mais on peut évoquer aussi une analogie au niveau de la vie de relations : l'animal comme l'enfant voit, entend, sent, touche, etc. Cette rencontre du chien et de l'enfant peut aider celui-ci à affiner sa capacité à saisir, à partir d'expressions corporelles et faciales, des indices sur l'état interne d'autres êtres vivants. L'hypothèse vaut dès lors d'être faite selon laquelle la rencontre encadrée du chien et de l'enfant peut contribuer à affiner chez l'enfant ses capacités d'empathie et peut le rendre plus compétent pour prédire comment d'autres individus vont réagir dans différentes situations
(Nous avons développé cette idée dans notre thèse de doctorat consacrée à l'homme et l'animal dans la préhistoire. Cf. également G. Melson, op. cit., pp. 78-79).
Dans ce contexte, le chien apparaît comme un pivot dans l'organisation des relations inter-personnelles ou inter-subjectives de l'enfant. A la fois proche de l'enfant par des attitudes et des mouvements, il en diffère pourtant. Cette ressemblance-différence entre l'animal et l'enfant, ou cette « analogie » entre eux, peut dès lors contribuer à initier l'enfant à la question de l'alterité en général et à celle de la différence entre les personnes, voire entre les cultures en particulier.
